Enfin une association de physiothérapie québécoise

Quebec, Canada. Blue suitcase with label at airport.
20 janvier 2015 / Par / 0 Commentaire

Collaboration spéciale du professeur et chercheur Dr Luc J. Hébert et des membres fondateurs de l’Association québécoise de physiothérapie. 

Le 17 juillet 2014, une page d’histoire en physiothérapie a été écrite par la création de l’Association québécoise de la physiothérapie (AQP). Cette association, attendue par plusieurs, est un véhicule essentiel pour la promotion de la physiothérapie et la représentation des professionnels qui souhaitent faire valoir les rôles et responsabilités qu’ils sont prêts à prendre pour le bénéfice de la population québécoise.

Malgré l’adoption de la loi 90 il y a plus de 12 ans, les professionnels de la physiothérapie sont loin d’occuper entièrement leur champ de pratique. Les physiothérapeutes, bien que reconnus comme intervenants de première ligne, sont encore aujourd’hui trop absents au sein des endroits clés du réseau, tels les groupes de médecine familiale, les cliniques sans rendez-vous ou les urgences.

Quant à eux, les thérapeutes en réadaptation physique (TRP) ne peuvent exprimer leur plein potentiel, car leurs compétences sont souvent méconnues et sous utilisées. Afin de corriger cette situation et améliorer la qualité des services de santé des québécois, les physiothérapeutes et les techniciens ont besoin d’une voix forte parlant en leur nom aux instances décisionnelles.

La différence avec l’ACP

L’Association canadienne de physiothérapie (ACP) et l’AQP ont défini un tout nouveau modèle de partenariat qui permet aux membres de l’association québécoise de bénéficier de tous les avantages d’un membership avec l’ACP et bien plus. L’AQP participera à toutes les réunions nationales de l’association canadienne au même titre que les branches provinciales. Mais elle conservera toute la latitude pour définir sa vision, sa mission, ses dossiers prioritaires et son budget.

L’AQP pourra aussi de sa propre initiative collaborer avec des acteurs des secteurs économiques, politiques, professionnels et de l’éducation. Par exemple, elle pourrait faire des représentations auprès des autorités décisionnelles en lien avec l’application de la loi 90 ou du règlement 94M.

Pourquoi?

Le but de cette première association québécoise est de regrouper tous les professionnels de la physiothérapie en représentant les intérêts de ses membres et de la profession aux instances décisionnelles, notamment celles de la sphère politique. En ce point, elle se distingue de l’OPPQ dont le mandat premier est la protection du public.

L’AQP s’est aussi donnée comme mission de soutenir le développement professionnel de ses membres et de promouvoir les pratiques exemplaires. Ceci pourra se faire avec des moyens autres que ceux employés par l’Ordre.

L’AQP s’est aussi donné comme mandat d’être un véhicule puissant pour faire connaître nos pratiques professionnelles auprès des décideurs publics et de la population québécoise, encore trop souvent méconnues. Elle fera ainsi valoir ce que les professionnels de la physiothérapie peuvent faire de plus pour contribuer à l’amélioration de notre réseau de la santé. Elle expliquera comment les professionnels de la physiothérapie pourraient être plus et mieux utilisés.

Physiotherapy: Physiotherapist examining senior man

L’Association québécoise de la physiothérapie existe depuis le 17 juillet 2014 et a pour mission de représenter les intérêts de ses membres et de la profession aux instances décisionnelles.

Est-il étonnant de constater qu’une bonne proportion de la population incluant des professionnels de la santé sont surpris d’apprendre que les physiothérapeutes sont des experts du rachis ? Qu’ils peuvent faire du triage en première ligne à l’urgence ou dans des cliniques sans rendez-vous ? Qu’ils émettent des diagnostics dans leur champ de pratique ? Qu’ils peuvent manipuler des articulations ou encore évaluer les risques de retour au travail ou au jeu de clientèles variées ? Qu’ils peuvent travailler dans un contexte d’aide humanitaire ou agir à titre de consultation en milieu sportif et industriel pour ne nommer que ces quelques exemples.

Et comment se fait-il que la profession de TRP ne soit pas apprécié à sa juste valeur? Pourquoi observe-t-on si peu de postes de techniciens dans plusieurs secteurs de la santé où ils pourraient travailler en complémentarité avec les physiothérapeutes?

L’AQP pourra contribuer, avec les autres acteurs de la physiothérapie au Québec et au Canada, à mettre en lumière ce qu’un professionnel de la physiothérapie peut apporter, les pratiques de pointes, les rôles émergents et les collaborations efficientes qu’il met en place pour optimiser l’accès aux services, la qualité des services et les coûts. L’Association fera connaître des modèles existants qui fonctionnent ailleurs et qui sont tout à fait applicables au système de santé québécois.

Des rapports à l’appui

Dès le début des années 2000, dans le rapport Romanow sur l’avenir des soins de santé au Canada, il était proposé de favoriser le modèle de soins de santé primaires qui comprend le traitement des maladies aiguës, la prévention des maladies et des blessures, la promotion de la santé, la gestion des maladies chroniques et l’accès à un professionnel de la santé au moment opportun. Ce rapport indiquait clairement qu’un tel modèle permettrait d’assurer la viabilité de notre système de santé.

De son côté, la Direction du Programme Santé Physique de l’Hôtel Dieu d’Arthabaska a mandaté l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS) du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) pour évaluer les coûts et les gains potentiels associés à la mise en place d’une clinique interdisciplinaire musculosquelettique au Centre de santé et des services sociaux (CSSS) Arthabaska – Érable.

Les conclusions de ce rapport démontrent clairement que l’utilisation du physiothérapeute dans son rôle de poser un diagnostic en physiothérapie permet de réduire de façon très importante les délais d’attente pour une consultation, tout en conservant un haut niveau de qualité des soins et des services. Dans ce même rapport, les auteurs citent l’étude de Hattam et Smeathem (1999) qui démontre que, dans une clinique de soins primaires, un professionnel avec des compétences en infiltration peut également contribuer à la réduction des délais d’attente en orthopédie en gérant lui-même sur place un grand nombre de patients.

De tels rapports auraient dû mener à des changements de pratique au sein du système de santé québécois tel que le préconise la loi 90. C’est un des rôles que l’AQP assumera en représentant les priorités et les enjeux actuels de la physiothérapie et de ses membres. Elle portera haut et fort leur message, qu’ils travaillent dans le réseau de santé public ou privé, dans les sphères cliniques, administratives ou académiques.

Qui sommes-nous?

Quatre administrateurs ont accepté de fonder l’AQP. Il s’agit de Pierre Allard, Christian Jobin, Hélène Moffet et Luc J. Hébert.

Pierre Allard

Pierre Allard

Pierre Allard est coordonnateur des services ambulatoires en physiothérapie et aussi président de l’exécutif local de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux à l’Hôpital Juif de Montréal. Il a siégé au sein du Conseil d’administration de l’ACP de 2009 à 2012 et a fait partie du sous-comité responsable des premières discussions concernant l’établissement de l’AQP. Titulaire d’un MBA, Monsieur Allard a enseigné à l’Université McGill ainsi qu’à l’Université de Sherbrooke.

 

Christian Jobin

Christian Jobin

Christian Jobin est le président sortant de la Fédération des cliniques privées de physiothérapie du Québec (anciennement FPPPQ). Il est clinicien en pratique privée depuis 18 ans et est copropriétaire de plusieurs cliniques privées. Il a siégé 12 ans sur le CA de la Fédération dont 8 en tant que président. Durant ces années, la Fédération s’est positionnée comme un joueur politique incontournable pour la physiothérapie. Monsieur Jobin a également siégé sur divers comité de l’OPPQ pour des dossiers tels que table ronde sur l’intradisciplinarité, la formation continue et l’exercice en société.

 

Hélène Moffet

Hélène Moffet est professeure titulaire à l’Université Laval et chercheure  au Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS). Elle a été directrice du programme de physiothérapie à l’Université Laval pendant plus de 6 ans. Elle a siégé au Conseil canadien d’agrément des programmes universitaires de physiothérapie pendant 9 ans dont 4 en tant qu’administratrice. Elle est membre du comité canadien responsable de déterminer le profil des compétences d’entrée en pratique des physiothérapeutes et s’intéresse à l’optimisation des services ainsi qu’au travail intradisciplinaire.

 

Luc J. Hébert

Luc J. Hébert

Luc J. Hébert a travaillé plus de 28 ans au sein des services de santé des forces canadiennes au Canada et outre mer. Il a piloté le développement d’un modèle unique de pratique en première ligne pour les physiothérapeutes. Il a été plus de 10 ans en clinique privée comme propriétaire et clinicien. Il a été membre du comité de l’inspection professionnel de l’OPPQ et président du comité sur le concept diagnostic en physiothérapie. Récemment, il a fait partie d’un projet de recherche visant à identifier les modèles de pratique avancée existant au Canada financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Titulaire d’une maitrise en sciences et d’un PhD, il est professeur agrégé à l’Université Laval au programme de physiothérapie et chercheur au CIRRIS.

En 2015, les administrateurs actuels convoqueront une assemblée générale des membres afin de mettre sur pied le premier conseil d’administration qui sera composé de 6 physiothérapeutes et 2 TRP. Des informations circuleront dans les prochains mois concernant les développements à l’Association et la tenue de l’assemblée générale.

Si vous désirez recevoir de l’information de l’AQP, vous pouvez nous transmettre vos coordonnées à l’adresse courriel info@aqp.quebec .