Des physios anglais accèdent à la prescription autonome de médicaments

License: Creative commons. Sarah.
24 septembre 2014 / Par / 0 Commentaire

C’est une première mondiale: des physiothérapeutes anglais obtiennent le droit de prescrire des médicaments sans l’assistance d’un médecin.

La nouvelle loi est entrée en vigueur aujourd’hui au pays de Galles et permet aux physiothérapeutes qui ont suivi une formation accréditée de prescrire des médicaments de type antidouleurs, anti-inflammatoires ou antispasmodiques à leurs patients.

Les professionnels de la physiothérapie accèdent donc aux mêmes privilèges que les infirmières, les pharmaciens et les optométristes anglais.

Les autorités de la région comptent sur la nouvelle loi afin de réduire les listes d’attente des médecins généralistes. Cette législation est une première mondiale et réjouit les autorités anglaises.

« C’est un moment décisif dans la bataille pour la reconnaissance de la compétence des physiothérapeutes, rapportait à la presse galloise le ministre de la Santé Mark Drakeford. C’est une meilleure utilisation de professionnels qui ont déjà une excellente formation, avec pour conséquence de faire baisser la pression sur notre système de santé. »

Une longue bataille

La percée d’aujourd’hui fait suite à une campagne de la Chartered Society of Physiotherapy (CSP) qui aura duré 10 ans. Certains physios anglais agissaient déjà comme prescripteurs depuis 2005, mais sous la tutelle médicale.

Pour la Dre Helena Johnson qui est membre du conseil de la CSP, donner aux physiothérapeutes l’opportunité de prescrire de manière indépendante améliorera grandement la qualité des soins en Angleterre : « Les patients jouiront d’une meilleure continuité de soin et obtiendront les médicaments dont ils ont besoin plus rapidement. »

« Une partie de la bureaucratie sera éliminée. Les physios, de leur côté, prendront l’entière responsabilité des prescriptions qu’ils feront », précise la physiothérapeute.

Le droit de prescrire s’accompagne de l’obligation de suivre une formation de 6 mois, qui comprend une partie théorique ainsi que des stages. Les professionnels ayant complété la formation obtiennent le titre de prescripteur, en plus de leur titre de physiothérapeute.

La situation québécoise

Difficile de ne pas faire de parallèles avec la situation au Québec, où des projets de pratiques avancées commencent à voir le jour. La seule manière de prescrire des médicaments ou des examens diagnostiques dans la belle province passe actuellement par l’octroi d’une ordonnance collective, émise par un médecin.

Les dossiers sont traités au cas par cas.

De son côté, l’OPPQ a déclaré dans un communiqué qu’il considère « que l’optimisation des soins de santé au Québec passe inévitablement par une attribution de rôles plus poussés, non traditionnels en physiothérapie. »

Le conseil d’administration de l’organisme a adopté en janvier 2011 une résolution pour concevoir une stratégie et un plan d’action pour l’implantation de pratiques avancées. Un comité a aussi été dédié à la rédaction d’un mémoire aux fins de représentation auprès des instances gouvernementales québécoises.