L’entrainement à haute intensité chez le greffé cardiaque

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15 octobre 2014 / Par / 0 Commentaire

L’entrainement par intervalles de haute intensité chez le greffé cardiaque serait supérieur à l’entrainement modéré continu, tout en étant sécuritaire.

Boudé depuis les toutes premières transplantations, l’entrainement par intervalles de haute intensité (EIHI) semble se tailler une place dans les programmes de réadaptation cardio-respiratoire des greffés cardiaques. Une équipe de chercheurs danois a comparé l’EIHI avec un programme d’intensité modérée. Leurs travaux sont publiés dans l’American Journal of Transplantation.

Pour le spécialiste en physiologie de l’exercice Mathieu Gayda, l’utilisation de l’EIHI chez le greffé cardiaque est un débat très actuel.

« La réadaptation chez cette clientèle a toujours été plutôt conservatrice, explique le chercheur. Ce qu’on retrouve dans la littérature, ce sont des recommandations qui tournent autour de 60-70 % des capacités maximales au cours d’un effort continu, en plus d’un programme de musculation. Cette étude danoise est la première à explorer l’entrainement par EIHI et à la comparer à nos modèles traditionnels d’entrainement chez les patients stables. »

Les travaux des chercheurs de l’Université de Copenhague poussent donc plus loin les connaissances de la réadaptation chez les greffés du coeur.

De meilleures performances

Seize survivants à une greffe cardiaque, stables médicalement, ont été soumis à un entrainement cardio-respiratoire à raison de 3 fois par semaine durant 12 semaines.

Un premier groupe s’est entrainé au cours d’intervalles d’effort maximaux durant des blocs de 4 minutes, 2 minutes et 1 minute à au moins 80 % du VO2max. Une période de repos était allouée entre les intervalles, pour un total de 32 minutes.

L’autre cohorte a été soumise à un entrainement plus conservateur sur vélo stationnaire à 60-70 % du VO2max, durant 45 minutes.

Les deux groupes ont été inversés après une période d’arrêt de 5 mois et soumis à l’entrainement de l’autre cohorte.

L’analyse du VO2max, de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque des participants met en lumière une augmentation du VO2max après les deux types d’entrainement, mais avec de meilleures performances après l’EIHI.

La tension artérielle systolique des participants soumis à l’EIHI est passée de 131 mmHg à 126 mmHg en moyenne. Aucun changement significatif n’a été observé au cours de l’entrainement conservateur. Aucun des participants n’a subi d’effets adverses suite au programme.

Mathieu Gayda rappelle que peu importe le type d’entrainement auquel le greffé cardiaque adhère, l’importance demeure la constance puisque les bienfaits de l’activité physique s’estompent après une période d’inactivité : « Le plus difficile demeure d’intégrer l’entrainement dans son quotidien, mais c’est probablement le message le plus important à véhiculer en tant que professionnel de la santé. »

Pour en savoir plus

Dall et Al., Effect of High-Intensity Training Versus Moderate Training on Peak Oxygen Uptake and Chronotropic Response in Heart Transplant Recipients: A Randomized Crossover Trial, American Journal of Transplantation 2014; XX: 1–9