Les ultrasons inefficaces pour traiter les tendinopathies de l’épaule

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06 octobre 2014 / Par / 0 Commentaire

Les ultrasons ne devraient pas être utilisés dans le traitement des tendinopathies de l’épaule. C’est la conclusion des travaux d’une équipe de chercheurs québécois et ontariens publiés dans Physical Therapy in Sport.

« J’ai longtemps douté, au cours de ma pratique, des bénéfices des modalités passives comme l’ultrason pour les tendinopathies de la coiffe des rotateurs, explique le physiothérapeute et chercheur François Desmeules, qui a participé au projet. On a donc essayé de voir ce qui ressortait des études plus récentes afin de faire une mise à jour des connaissances. »

Le groupe de recherche, composé de 3 physiothérapeutes, de 2 ergothérapeutes et d’un médecin, c’était donné comme mandat d’effectuer une revue de la littérature ainsi qu’une méta-analyse sur la question.

« Notre premier constat est qu’à ce jour, la grande majorité des études sur l’efficacité des ultrasons souffrent d’une méthodologie déficiente. Les ultrasons sont pourtant largement utilisés en physiothérapie pour l’épaule », poursuit François Desmeules.

Onze études contrôlées randomisées ont toutefois pu être incluses dans l’analyse. Toutes portaient sur l’utilisation des ultrasons comparée à un placébo ou à toute autre modalité.

Pas plus efficace 

L’analyse des données indique que les ultrasons ne sont pas plus efficaces que des conseils uniquement ou qu’un placébo en ce qui a trait à la douleur ou au niveau fonctionnel.

L’équipe ne peut cependant pas se prononcer sur l’efficacité des ultrasons comparativement à l’acuponcture, aux frictions transverses, au TENS ou à l’hyperthermie par manque de données.

Les chercheurs concluent aussi, à partir d’une méta-analyse, que l’ajout des ultrasons à un programme d’exercices n’apporte pas de plus-value thérapeutique.

 

Guillemets-entrantsDe fortes évidences supportent d’autres modalités pour le traitement des tendinopathies de la coiffe des rotateurs. On pense au renforcement spécifique de certains groupes musculaires ciblés, en concentrique ou en excentrique, et aux exercices de contrôle moteur. La littérature supporte bien ces modalités. Guillemets-sortants

– François Desmeules, pht

 

Cette revue de la littérature met en lumière un autre aspect relatif à l’utilisation des ultrasons : le manque de données concernant le dosage optimal.

Une étude publiée en 2010 suggère que pour être efficace, un traitement d’ultrasons devrait transmettre 2250 joules aux tissus de l’épaule. La quantité d’énergie transmise n’était mentionnée que pour un petit nombre des études incluses dans la présente revue. Il existe donc un flou entourant la dosimétrie et les chercheurs recommandent une attention particulière à ce paramètre au cours des prochaines recherches.

En attendant, François Desmeules et son équipe considèrent que les professionnels de la physiothérapie ne devraient pas utiliser d’ultrasons dans le traitement des tendinopathies de la coiffe des rotateurs.

La présente méta-analyse abonde dans le même sens que d’autres travaux sur le même sujet il y a quelques années.

« Peut-être que d’autres études, mieux construites, démontreront éventuellement des bénéfices à cette modalité, conclut le physiothérapeute, mais pour l’instant, la science indique qu’il vaut mieux se concentrer sur des modalités dont l’efficacité est vraiment reconnue »

 

Pour en savoir plus

Desmeules et Al., The efficacy of therapeutic ultrasound for rotator cuff tendinopathy: A systematic review and meta-analysis, Physical Therapy in Sport, Sept 2014