Et si l’on traitait le torticolis congénital par microcourant?

bébé
14 octobre 2014 / Par / 0 Commentaire

Comment accélérer la normalisation de la mobilité du cou et réduire la durée de traitement chez les bébés souffrant de torticolis congénital? Une équipe de chercheurs sud-coréens ont peut-être trouvé une solution controversée : les microcourants.

Dong Rak Kwon et Gi-Young Park du département de médecine et de réadaptation à l’Université de Daegu ont voulu vérifier si les microcourants démontraient des effets thérapeutiques dans le traitement du torticolis chez les nourrissons.

En physiothérapie, les problèmes couramment traités par cette modalité sont la douleur, les plaies, l’inflammation, la réparation tissulaire et la relaxation musculaire.

Pour mener à bien leur questionnement, les chercheurs ont sélectionné des nouveau-nés répondants à leurs critères d’inclusion. Avec le consentement des parents, une vingtaine de très jeunes sujets souffrant d’un torticolis congénital ont fait partie de cette première étude randomisée.

Tous les enfants ont commencé le programme de traitement avant l’âge d’un mois. Dans les deux groupes, les nourrissons ont reçu 20 minutes de thérapie, 5 minutes d’ultrasons et 30 minutes de microcourants à raison de 3 fois par semaine.

La thérapie était dirigée par des physiothérapeutes qui pratiquaient des mobilisations, des exercices posturaux et des étirements passifs du cou.

Chaque enfant a été placé aléatoirement dans le groupe 1 ou le groupe 2. Ceux du groupe 2 recevaient un traitement réel de microcourants, tandis que ceux du groupe 1 recevaient un traitement placebo. À ces derniers, on installait les électrodes sur sternocléidomastoïdien problématique sans que le courant soit en marche.

Les nourrissons du groupe 2 recevaient un vrai traitement de microcourant monophasé à une fréquence de 8 Hz et 200 uA d’intensité. Les auteurs précisent qu’à ces paramètres on n’atteint pas le seuil de sensibilité de l’enfant.

À la maison, les parents des deux groupes devaient s’impliquer en prodiguant des soins à domicile 6 fois par jour pour favoriser la mobilité du cou de leur enfant.

Normaliser plus vite

Les bébés du groupe 2 ont atteint une mobilité au cou plus rapidement que ceux du groupe 1. Plus précisément, le groupe avec traitement par microcourant arrivait à l’amplitude complète de mouvement passif du cou en 3 mois, comparativement à 6 mois chez l’autre groupe.

Lorsque la mobilité axiale en rotation du côté controlatéral au sternocléidomastoïdien affecté atteignait des valeurs égales ou supérieures à 100 degrés, les traitements étaient cessés.

Les auteurs mentionnent qu’à partir de 6 mois tous les enfants, groupes confondus, parvenaient à atteindre la mobilité complète cervicale.

Toutefois, les chercheurs s’expliquent mal comment l’électrothérapie a pu provoquer une accélération des résultats chez le groupe 2.

Ils soulèvent plusieurs hypothèses reliées aux effets thérapeutiques des microcourants. Parmi ceux-ci se trouve l’échange de calcium intracellulaire, la synthèse de l’adénosine triphosphate et des protéines impliquées dans la cicatrisation des tissus ainsi que l’activation des gènes qui régulent la dégradation du collagène induisant le soulagement de la fibrose musculaire.

Sachant qu’un bébé sur 4 aux prises avec un torticolis congénital aura besoin d’un suivi afin de réduire les risques d’anomalies causées par les tensions du sternocléidomastoïdien, toutes les pistes pour améliorer le plan traitement de ce problème sont à explorer.

Par contre, une très grande vigilance est de mise pour les cliniciens. D’autres études devront être menées afin de valider que les microcourants sont sans danger pour le nouveau-né.

Selon le site Électrologic de l’Université de Montréal, il est contre-indiqué d’appliquer le microcourant dans la région cervicale antérieure par risque de stimulation du nerf vague, du nerf phrénique, des muscles pharyngiens ou des sinus carotidiens.

Pour en savoir plus

Kwon, D. R., Park, G. Y. Efficacy of microcurrent therapy in infants with congenital muscular torticollis involving the entire sternocleidomastoid muscle: a randomized placebo-controlled trial. Clinical Rehabilitation, 2014, Vol. 28(10) 938